Lundi 29 décembre 2008
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Au salon du livre de Pluguffan, le 10 novembre dernier, on m’avait demandé l’origine du nom de la résidence du
Goyen. J’avais fourni une explication, brève mais irréfutable, que l’on peut lire ici. Cependant, ce nom résonne pour
d’autres raisons dans l’univers de la dédalonomie. Aussi avais-je promis d’apporter quelques informations complémentaires. Les voici :
Traverser l’océan est un moyen d’atteindre le continent qui se trouve
de l’autre côté. Après que Christophe Colomb découvrit l’Amérique, nombre d’émigrants nouèrent un maigre baluchon et s’embarquèrent en vue d’accoster où le monde serait plus clément. Parmi
ceux-là, toute une branche de la famille Goyen.
Les Goyen vivaient sur la péninsule armoricaine depuis des
générations. Depuis des générations la moitié s’en plaignait. L’autre moitié s’y plaisait. Il naissait un enfant sur deux qui ne rêvait que de fuir le crachin breton.
Aussi, à travers les âges, rencontre-t-on des Goyen qui coururent le
monde à la recherche d’un climat propice et d’une terre accueillante afin de s’établir. Certains connurent le succès, d’autres périrent en chemin.
Les premiers Goyen qui suivirent les traces de Christophe Colomb, au
début du seizième siècle, crurent aborder en pays de cocagne. Tout, dans la contrée qu’ils visitèrent, seyait à leurs appétits. L’un d’entre eux fit illico le trajet en sens inverse pour
prévenir la famille, et d’un seul coup la moitié des Goyen – la moitié insatisfaite – courut à cet eldorado.
Depuis, certains Goyen résident en Bretagne, et s’en portent ma
foi fort bien ; mais d’autres vivent en Amérique du Sud, quelque part entre le Brésil et l’Argentine. Ils sont tellement content d’être là qu’on les appelle, eux et par extension tous les
habitants de leur pays, les heureux Goyen.
Par Hervé Eléouet
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Dimanche 2 novembre 2008
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La rue Piedgrouille laisse Clotilde songeuse. L’explication de ce nom est pourtant très simple :
Le pied de grenouille est un met de choix. On le cuisine à l’Orléanaise. C’est à dire à feu doux. Gaston d’Orléans raffolait du pied de grenouille. Si
ce seigneur était arrivé à ses fins, j’entend par là le trône, le pied de grenouille eût constitué un met de roi ; ce n'est qu’un met de prince.
Les grenouilles s’en fichent. Elles s’enfuient comme elles peuvent lorsque surgissent les attrapeurs de grenouilles.
Nous parlons d’une variété particulière de batraciens, dite « grenouille à pieds ». Ces amphibiens sont très véloces. Elles s’enfuient de
toute la vitesse de leurs grands pieds. Raison pour laquelle les attrapeurs de grenouilles agissent à la vitesse de l’éclair. Dès qu’un attrapeur de grenouilles aperçoit une grenouille à pieds,
il susurre au deuxième attrapeur de grenouilles – celui qui tient le filet à grenouilles : « Pied. Grouille », ce qui est l’abréviation de : « J’ai aperçu une grenouille
à pieds. Grouille-toi de l’attraper. »
Notons que les attrapeurs de grenouilles à pieds travaillent toujours à deux : l’un a le regard perçant, l’autre tient le filet et bondit comme
un fauve.
L’expression : « Pied. Grouille. » a donné la rue du Piedgrouille.
Lorsqu’un prince charmant embrasse le pied d’une grenouille à pieds, dit la légende, elle se transforme en princesse qui chausse du 42.
Si, comme Clotilde, vous désirez connaître l’origine d’un nom de rue, contactez le Petit Ruegolo par mail ou via les commentaires.
Par Hervé Eléouet
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Mardi 21 octobre 2008
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19:08
Trébalot hésite à poster un courier rue Tartifume. On le comprend !
L'empereur Tartifume arborait une barbe exempte de la moindre fleur, et quand il se rasait il n'avait pas de barbe du tout. A côté de lui,
Charlemagne était un buisson de roses ou bien le rebord de la fenêtre débordant de plantes multicolores.
Cela n'embêtait pas Tartifume qui ne fut en aucune façon un prince jaloux. Il gouvernait son jardin avec l'esprit d'à-propos qui consiste à
s'allonger dans l'herbe quand le soleil brille. Tartifume eut le bon goût de ne jamais inventer l'école.
Sur les quelques rues Tartifume de France et de Navarre plane un peu de la nonchalance de ce roi. Si l'on adresse un courrier rue Tartifume,
il y a des chances pour qu'il s'égare ou parvienne à destination d'ici plusieurs mois, après des détours en Australie, au Groenland ou à Java. Les assassins qui désirent assassiner rue Tartifume
se trompent de cible. Les amoureux se déclarent à la mauvaise personne, les milliardaires oublient leur portefeuille à la boulangerie.
Tous les gens sérieux devraient habiter rue Tartifume, on s'amuserait bien : les présidents directeurs généraux, les présidents, les
directeurs et les généraux, ainsi que mon ami Paulo qui porte une cravate.
Pour de plus amples renseignements sur telle ou telle rue, posez votre question par mail ou laissez-là dans les commentaires.
L'empereur Tartifume, le fourbe Ravaillec et le calife Haroun al Bihan seront en dédicace au salon du livre de Carhaix le week-end prochain.
Par Hervé Eléouet
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Dimanche 12 octobre 2008
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15:57
Nicole s’interroge : existe-t-il un lien entre les Quatre Moulins et les Quatre Pompes à Brest ? Bien malin
qui saurait le dire !
Jadis, aux Quatre Moulins, se dressaient quatre moulins : un moulin à
vent, un moulin à eau, un moulin pour faire joli et madame Kerdoncuff.
Madame Kerdoncuff était un moulin à paroles. Toute la ville lui
donnait du grain à moudre. On pouvait entendre par elle des rumeurs de première main, et le commentaire circonstancié des moindres événements.
Quand elle mourut, on l’enterra. Pendant la messe, l’assistance avait
l’impression que le cercueil la dévisageait. Chacun sentait le poids de l’œil inquisiteur de madame Kerdoncuff et se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir colporter sur son compte. Ce n’est
qu’au sortir du cimetière que l’on prit enfin conscience, en s'épongeant le front, qu’elle ne parlerait plus. Les gens se dirigèrent vers le café du coin, pour un apéritif un peu plus joyeux que
d’ordinaire.
En tout cas ce qui est sûr c’est qu’au paradis Jésus doit maintenant
connaître par le détail ce que fricote St Pierre à la porte pendant qu’il a le dos tourné.
Ce qui est sûr aussi, c’est que madame Kerdoncuff ignorait
l’explication de l’origine du nom « Quatre Pompes », pour la bonne et simple raison que tout le monde ignore l’origine de ce nom. Les rumeurs les plus folles courent à ce sujet, mais puisqu’il
s’agit d’une rubrique sérieuse, je ne les rapporterai point.
Ça m’arrange bien, car il fait beau et je vais ramasser des
pommes.
Lorsque j’aurai ramassé toutes les pommes, je serai en mesure de répondre à vos questions. Posez-les par mail
ou via les commentaires.
Par Hervé Eléouet
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Lundi 22 septembre 2008
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23:45
Sélène mentionne l’Ecoute s’il pleut. L’origine de ce nom de rue remonte à la nuit des temps.
La pluie est une invention mouillée. Le professeur Chompiz inventa la pluie aux temps antédiluviens. Parce qu’il en avait assez de ces
caravanes de porteurs d’eau qui défilaient sous sa fenêtre. Avant la pluie, les étangs et les océans étaient remplis d’eau par des porteurs d’eau. Rémunérés si peu que la plupart d’entre eux
préféraient devenir porteurs de sable (à l’époque les déserts comme les bacs à sable étaient remplis par des porteurs de sable). Il résultait de la faible motivation des porteurs d’eau que la
Méditerranée ressemblait à une flaque et l’océan Pacifique à une baignoire embourbée.
Le professeur Chompiz imagina un procédé pour que l’eau tombe du ciel. Ayant enclenché le mécanisme, il attendit. Il attendit devant la
télévision, levant de temps en temps la tête pour demander à son assistant posté à la fenêtre : « Ecoute s’il pleut ». Il attendit ainsi quarante ans. A la fin l’assistant ne servit à rien
parce que le professeur Chompiz apprit qu’il allait pleuvoir demain en regardant le bulletin météo.
Néanmoins, ou à cause de cela, l’expression perdura et se retrouve aujourd’hui dans les noms de rues de plusieurs villes. On dit de
quelqu’un qui s’astreint à une tâche inutile (si tant est, notons-le au passage, qu’il fut inutile de passer quarante ans derrière une fenêtre ; rien ne remplit davantage une vie que le paysage
par le carreau de la vitre) qu’il ou elle écoute s’il pleut.
Pour connaître l’origine d’un nom de rue, posez votre question par mail ou laissez-la dans les commentaires.
Par Hervé Eléouet
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